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Le fabuleux voyage de Nono et Guigui - Part 2 : Le Récit
Écrit par Guillaume DARGERY   
31/07/2009 - 11:14:45 +0200

[NDLR : ceci est la suite de l'article introductif contenant la vidéo du Pilote Masqué ...]

Comme tous les vélivoles, je suis un passionné, et quand un nouveau venu s'intéresse à notre activité, je suis le premier à expliquer que l'on peut faire des choses extraordinaires en planeur, histoire de lui faire briller un peu les yeux.
Arnaud, le bizuth de GuiguiLa perspective d'un Vinon-Fez, d'un vol quasi stratosphérique en combinaison spatiale, ou d'un aller retour sur la cordillère des Andes, cela aide aussi un peu à faire passer la pilule des longues heures sur le terrain à pousser/tirer des machines, pour finalement effectuer un vol de 10 minutes en Ask13.

Manque de chance, en 2008, je tombe sur un nouveau pas tout à fait comme les autres : Arnaud. Ce "bizuth" a déjà trois traversées de l'atlantique en avion à son actif, et mes histoires de grands vols en planeur ne lui font pas vraiment peur. Il est même partant à fond !

A peine lâché sur son bois et toile, Arnaud commence déjà sérieusement à me mettre la pression pour que nous organisions un voyage Bailleau-Maroc en planeur.
En surfant sur internet, il trouve le récit d'un Chartres-Ouarzazate en 5 vols par Denis Flament. Alors pas de problème pour lui, ses vacances 2009 sont toutes trouvées ! Ce sera un Bailleau-Ouarzazate, une semaine aller, une semaine sur place, une semaine retour. Pas même besoin de poser des RTT ...

L'idée de faire un voyage en planeur me trotte dans la tête depuis un moment. Je me suis déjà pris à déplier mes quelques circuits de plus de 500 km pour voir où ils m'auraient emmenés s'ils avaient été en ligne droite : La Suisse ou les Pyrénées en un vol, ça commence à ressembler à quelque chose.
Le Maroc, c'est une autre affaire, mais Arnaud fait semblant d'y croire alors je joue le jeu ...

Printemps 2009, nous y sommes

Six mois sans planeur, c'est à chaque fois une vraie cure de désintoxication avec ses crises de manque. Mais quand les beaux jours reviennent et que l'on croit être guéri, c'est la rechute.

Je n'imagine pas une seule seconde qu'Arnaud va me relancer sur cette histoire de Maroc après cette longue pause hivernale. Je croyais sincèrement qu'il bluffait. Mais, dès les premières sorties en planeur, le voilà qui repasse à l'attaque. Je ne peux plus me dérober : sans vouloir casser son optimisme, je commence une négociation sur la destination.

Arnaud veut Ouarzazate, je lui propose un aller retour Le Mans. Il concède Tanger, je laisse espérer Limoges. Il cède pour l'Espagne, je lâche les Pyrénées. Il accepte finalement, mais alors ce sera juste un entraînement pour le Maroc l'année prochaine !

Il veut Ouarzazate, je lui propose un aller retour Le Mans. Il concède Tanger, je laisse espérer Limoges. Il cède pour l'Espagne, je lâche les Pyrénées. Il accepte finalement, mais alors ce sera juste un entraînement pour le Maroc l'année prochaine !
Il ne vaut mieux pas être en affaire avec ce gars là, j'ai l'impression qu'il finit toujours par obtenir ce qu'il veut !

C'est donc entendu pour les Pyrénées. St Gaudens ou ailleurs, peu importe tant que c'est dans le sud et que ce n'est plus en local de Bailleau. La semaine est fixée : du 13 au 19 Juillet 2009. Reste à obtenir un planeur.

Je n'imagine pas un planeur pur, parce qu'une vache à 300 km de la maison, cela n'emballe évidemment personne. Il reste donc 2 solutions : Le DuoDiscus XT et le Nimbus 3dT, les deux biplaces de Bailleau équipés d'un moteur d'appoint, qui permet d'éviter l'atterrissage dans les champs.
J'espère avoir le DuoDiscus, plus agréable à piloter et plus facile à poser au cas où le moteur nous ferait faux bond.

Lundi 13 Juillet, jour du départ

La météo est médiocre voire très médiocre. Nous nous préparons tout de même, mais je n'y crois pas trop. Nous installons nos affaires dans le DuoDiscus. Arnaud, lui, est comme un fou, les 8/8 de strato-cumulus et les pluies éparses n'entament pas son enthousiasme. On ne va tout de même pas se laisser démoraliser par quelques gouttes.

Tentative de démarrage au sol du turbo du Duo DiscusLe planeur sorti, Jean Michel vient nous annoncer que le moteur ne fonctionne pas. Ca commence fort. Il est déjà 9H30. Je sors la clef à bougies pour essayer de voir ce qui ne va pas. Il ne semble pas y avoir d'allumage. On fait venir le spécialiste qui confirme qu'il n'y a pas d'allumage, mais il ne s'agit a priori pas d'un simple mauvais contact. Nous pouvons considérer que le moteur est HS pour un moment.
Nous partirons donc avec le Nimbus et ses 26 mètres d'envergure dont le moteur sera irréprochable.

Finalement ce petit contre temps n'est pas si grave. Nous passons de 44 de finesse à 57, et cela nous rappelle, s'il était besoin, qu'un moteur de planeur, ça tombe en panne. Notre circuit ce jour là sera un Bailleau Chartres aller-retour ...

Mardi 14 Juillet, deuxième départ

[NDLR : certains s'en souviennent, le même jour l'année dernière, c'était THE DAY !]

Le ciel est déjà plus engageant, c'est aujourd'hui ou jamais. Nous décollons vers 12h30. Les ascendances sont là, le vent aussi. Le plafond est à un peu plus de 1000m.

Le Nimbus croise les axes à PoitiersLe Nimbus est vraiment un planeur différent. C'est un vaisseau amiral, avec une grande inertie. Lancé en ligne droite, rien ne le perturbe, mais il faut plusieurs secondes pour qu'il accepte de dévier de sa trajectoire lors des mises en spirale et toutes les petites turbulences - que l'on ressent si bien sur les planeurs légers - sont difficilement perceptibles.

Il nous faut 1h10 pour passer au dessus de l'aérodrome de Châteaudun. Nous faisons quelques tours pour photographier ce cimetière d'avions militaires. Je me rappelle la première fois que je l'avais survolé. J'avais été pris un instant de panique en voyant les dizaines de mirages alignés et un avion de ligne en bout de piste juste en dessous de moi. J'avais cru m'être trompé dans ma navigation et m'être retrouvé en zone militaire interdite !

Après Châteaudun, les conditions se gâtent : les cumulus se soudent et il y a maintenant de longs passages sans soleil. Les pompes mollissent, le vent, lui, se renforce, nous l'avons exactement de face, entre 20 et 30 km/h.
15 km au nord d'Amboise, une zone d'ombre plus longue que les autres nous fait descendre aux 400m fatidiques où il nous faut sortir le moteur. A Poitiers, Jean-Michel Roy, Nono, et Jean-Francois le remorqueurComme toujours, c'est quand le moteur est sorti que l'on retrouve la pompe tant espérée. Ce n'est pas grave, nous étions d'accord sur le fait que le moteur était là pour servir au cas où, et que le but était de faire du voyage en utilisant le moins de pétrole possible. Le reste du vol sera laborieux, avec des pompes faibles et hachées par un vent qui nous fait reculer de 25 à 35km chaque heure.

Nous arrivons en vue de Poitiers après 6 heures de vol pour 260 malheureux kilomètres. Il n'y a pas un chat du côté des planeurs. Nous nous posons sans problème. Nous appelons "au secours" Jean-Michel Koun, qui nous donne le numéro de Jean-Michel Roy. Entre temps Jean-François le remorqueur arrive pour nous ouvrir les hangars. Bien que le Nimbus soit plus large que le hangar lui même, nous arrivons à le rentrer en démontant les rallonges d'ailes. Jean Michel Roy nous emmène jusqu'à l'hôtel, et viendra nous chercher le lendemain à 9h30 précises.

[NDLR : à suivre ici-même, dans quelques jours, encore une vidéo, puis la fin du récit de Guigui ...
En attendant, voici quelques photos de cette première partie du voyage
...]

1er Cumulus Vz 5m s.jpg
Amboise-2.jpg
Amboise.jpg
Approche de Poitiers.jpg
Arnaud et Guillaume.jpg
Chateaudun.jpg
Depannage du Moteur Solo du Duo Discus.jpg
Jean-Michel Roy  Nono et Jean-François.jpg
Jean-Michel Roy Jean-François et Guigui.jpg
Le Nimbus croise les axes à Poitiers.jpg
Le Nimbus la tour et le restau-2.jpg
Le Nimbus la tour et le restau-3.jpg
Le Nimbus la tour et le restau.jpg
Poitiers-2.jpg
Poitiers.jpg
Tours Le Louroux.jpg
Turbo du Duo Discus.jpg
 

 
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